Antoine Court and the Camisard insurrection

Antoine Court (1695-1760) was the pastor who reorganized the French Portestant churches during the persecution and hiding. He ran through the Cevennes in search of testimonies on the Camisards, with whom he first made common cause, then turned to nonviolent positions. His book on the insurrection of the Cevennes was published in Geneva in 1760 by his son Antoine Court de Gébelin. This huge work (three volumes totaling 1386 pages) is a classic in the field, valued for its objectivity and completeness. It was reissued in 2002 by the Nouvelles Presses du Languedoc, in a modernized spelling and enriched with critical notes by Patrick Cabanel and Pierre Rolland. We offer you the following excerpts, particularly illuminating.

 

Many years, Protestants suffered without revolting :

« La vérité, que je me suis fait une loi de suivre scrupuleusement, ne me permet pas de taire que jusqu’ici les protestants avaient souffert ces persécutions avec une patience qui ne s’était point démentie. Ils se laissaient égorger, mener à la boucherie, comme des agneaux : il ne paraissait pas même qu’ils eussent la moindre arme offensive. »

 

Disproportion of royal troops and Camisard bands :

« On vit alors Louis XIV, le roi le plus puissant, le plus absolu et le plus redouté de l’Europe, réduit à faire marcher, sous les ordres de ses généraux les plus expérimentés, un corps considérable de troupes réglées et aguerries, pour châtier une poignée de gens de la lie du peuple. On le vit traiter avec cette poignée de gens qui, sans expérience, sans armes, sans magasins, n’ayant pour chefs que les plus déterminés d’entre eux et pour retraites que les bois et les cavernes, se soutinrent pendant plusieurs années contre les forces de leur monarque. »

 

The cruelties of the abbot of Chayla :

« Les prisonniers qui avaient le malheur de tomber entre ses mains, essuyaient des traitements qui paraissaient incroyables, s’ils n’étaient attestés par tous les habitants de ce pays-là. Tantôt, il leur arrachait avec des pincettes le poil de la barbe ou des sourcils ; tantôt avec les mêmes pincettes, il leur mettait des charbons ardents dans les mains, qu’il fermait et pressait ensuite avec violence, jusqu’à ce que les charbons fussent éteints ; souvent, il leur revêtait tous les doigts des deux mains avec du coton imbibé d’huile ou de graisse, qu’il allumait ensuite et faisait brûler jusqu'à ce que les doigts fussent ouverts, ou rongés par la flamme jusqu’aux os. Son but en commettant ces barbaries était d’engager ces malheureuses victimes de son zèle à embrasser la Religion Romaine, ou de les obliger à déceler soit les ministres et leurs retraites, soit les personnes qui fréquentaient les assemblées. »

 

The cruelties against the convicts who refused to abjure:

« Une autre cause qui contribua à lasser la patience des plus endurants fut la multitude des protestants qu’on condamnait aux galères, et une peine particulière qu’ils éprouvaient outre celles attachées au service de la galère. C’était la bastonnade, supplice affreux. On étendait le galérien protestant, tout nu sur le coursier. Deux hommes, quelquefois quatre, lui tenaient les mains et les pieds, tandis que le Turc le plus fort qui fût sur la galère, armé d’une corde goudronnée et trempée dans l’eau de la mer, frappait de toute sa force. Le corps bondissait sous la violence des coups, la chair se déchirait, tout le dos ne formait plus qu’une plaie, qu’on lavait avec du sel et du vinaigre. Il est peu de galériens protestants, entre plus de seize cents dont j’ai la liste, qui ayant persévéré dans leur religion et refusé de lever le bonnet pendant les offices et surtout à l’élévation de l’hostie, n’aient subi cet horrible supplice. J’en pourrais nommer beaucoup qui l’ont souffert jusqu’à quatre fois dans un très court espace ; à qui l’on donnait en une fois jusqu’à cent vingt coups de gourdin ; qu’on relevait du coursier expirants, et qu’on ramenait à l’hôpital pour y renouveler des forces épuisées, qu’on leur faisait ensuite perdre par une nouvelle bastonnade. »



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